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ENGAGEMENT 1 :

Croissance et développement/Lutter contre le chômage et favoriser
le retour à l’emploi et le maintien du pouvoir d’achat :
Beaucoup de pays européens sont dans une situation de quasi plein emploi :
L’Allemagne a un taux de chômage de 4,1% de la population active en 2015, quand la France a 10% de chômeurs la même année. Ces taux sont, en Suède et au Danemark,
successivement de 6,9 % et 6,2% en 2015.
Quant à la croissance, malgré une légère reprise observée en 2015 et en 2016 (1,1%), elle est trop faible pour être véritablement génératrice d’emplois et insuffler une régression significative du nombre de chômeurs. L’inactivité reste à un niveau préoccupant en Guadeloupe et dans la plupart des Départements et Régions d’Outre-mer. Dans notre département, le chômage touche 26% de la population active, 25% de la population bénéficie du RSA soit près de 100 000 personnes. La conséquence est qu’une large frange de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Il apparaît urgent d’initier un nouveau modèle de développement économique et social durable pourvoyeur d’emplois, respectueux de l’environnement et laissant la part belle aux nouveaux concepts de croissance verte et croissance bleue. On a noté en 2014 un recul de l’Etat notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables, en particulier le solaire.

LES LEVIERS POUR AGIR :

– Rétablir les dispositifs fiscaux, notamment les crédits d’impôts accordés aux foyers en faveur de l’énergie solaire supprimés en 2014. L’enjeu est d’augmenter la part de l’énergie solaire dans la consommation énergique globale. La loi sur la transition énergétique votée le 22 juillet 2015 a pour objectif principal la réduction de 50% en 2050 de la consommation d’énergie fossile. Cette loi fixe les grands objectifs du modèle énergétique français et met en place des outils opérationnels ainsi que des aides simples et efficaces pour faire baisser la facture énergétique de la France et des Français et lutter contre le réchauffement climatique. Depuis le 1er janvier 2017, ce sont plus de 20 mesures issues de cette loi et de celle de la biodiversité qui sont lancées pour accompagner la France sur la voie de la croissance verte.
– Augmenter la quote-part défiscalisée accordée aux entreprises oeuvrant dans la filière des énergies renouvelables afin de créer une véritable dynamique
génératrice d’emplois.
– Mobiliser les Fonds Européens notamment dans le cadre de l’agenda 21.
– Favoriser les appels à projet par des mesures incitatives, notamment fiscales.
– Tenir compte des spécificités locales, en supprimant certaines normes qui augmentent les coûts de la construction de certains bâtiments, en vérifiant systématiquement l’efficience de ces normes dans leur application Outre-mer. Aucune concession ne doit être cependant faite quant aux normes parasismiques et anticycloniques.
– Soutenir le BTP par le biais d’un véritable plan d’envergure dont la cheville ouvrière doit être des mesures de défiscalisation pérennes et renforcées. Toutes les opérations de rénovation doivent être soutenues quel que soit le type d’habitat concerné. Elargir le champ de ces rénovations partout où il existe un habitat insalubre.
– Dans le même esprit, réserver les marchés publics aux entreprises qui réalisent plus de la moitié de leur production en Europe.
– Accompagner l’émergence d’une véritable filière avicole (élevage de poulets) notamment pour la production des oeufs frais pour couvrir les besoins locaux sans importation de produits à la traçabilité incertaine. La consommation des oeufs réfrigérés étant interdite, c’est une filière en devenir, pourvoyeuse d’emplois.
– Développer des marchés de niche comme le thermalisme et la thalassothérapie par des mesures incitatives d’ordre fiscal notamment. Donner à la Guadeloupe une identité forte dans ce domaine.
– Intégrer la prime de vie chère à la retraite comme c’est le cas à la Réunion pour maintenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Cette prime doit être intégrée à la rémunérationde référence servant au calcul de la pension.

ENGAGEMENT 2 :

Jeunesse, Formation et Education
Les chiffres disent à eux seuls la corrélation qui existe entre le niveau de chômage chez les jeunes et les problématiques liées à la formation et à l’éducation.
En effet 27% des jeunes d’une classe d’âge de 25-34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur (43% en France hexagonale pour un objectif de 40% fixé par l’U.E) pourtant nous enregistrons 27% de bacheliers contre 22% au plan national pour la même tranche d’âge. Cela traduit une véritable fuite des cerveaux post-bac à l’extérieur de l’archipel.
En outre, 25% des 20-24 ans n’ont pas atteint le niveau primaire contre 14% dans l’Hexagone, 30 % des jeunes de 18 ans sont en difficulté de lecture contre 10% au plan national (statistiques Centre Service National). Il y a sans doute un lien avec la problématique du décrochage scolaire qui se pose avec une grande acuité dans les territoires ultramarins.
La corrélation entre niveau de qualification et de formation et chômage n’est plus à démontrer.

LES LEVIERS POUR AGIR :

– Adosser les dispositifs de contrats aidés aux contrats de professionnalisation (alternance) ou d’apprentissage afin de favoriser à la fois la formation des jeunes chômeurs et ce faisant leur inclusion sur le marché de l’emploi.
– Favoriser les financements croisés pour une prise en charge globale de la problématique du chômage chez les jeunes. Le constat est fait d’un cloisonnement
contre-productif des ministères oeuvrant dans ce domaine.
– Créer un organisme spécifique d’évaluation en Guadeloupe sur le modèle de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) pour une approche plus fine
des données démographiques locales servant à la mise en oeuvre des politiques publiques.
– Gérer en amont les problématiques concomitantes du décrochage scolaire et de la délinquance par la création de médiateurs familiaux accrédités auprès des
CLSPD (Conseils Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), portés par des associations qui recevront des fonds à la fois de l’Etat et des collectivités locales.
– Défiscaliser les actions sociales menées par les entreprises à l’adresse singulièrement des jeunes chômeurs.
– Renforcer l’apprentissage par tous les moyens.
– Donner à la Région la capacité de planifier la construction des établissements sur tout son territoire et à tous les niveaux scolaires. Cette mesure nécessite
au préalable la consultation de la population.
– Créer un Institut Régional d’Administration (IRA). Il faut savoir que la Corse, beaucoup moins peuplée en dispose d’un depuis longtemps. Il pourra, au besoin, accueillir les fonctionnaires de Martinique et de Guyane.

ENGAGEMENT 3 :

Sécurité / Insécurité

La Guadeloupe est classée comme étant l’un des départements français les plus criminogènes. Les chiffres sont sans appel et disent à eux seuls la réalité de ce constat :
-La Guadeloupe est en effet le DROM (Département et Région d’Outre-Mer) qui détient le record des cambriolages avec une moyenne de 7,87 pour 1000 habitants.
-La violence par armes à feu, 14,79 pour 1000 habitants, est supérieure à celle d’un département comme les Bouches du Rhône notamment Marseille avec pourtant une population bien plus faible.
– Selon le ministère de l’intérieur en 2015 les atteintes à l’intégrité physique et les homicides ont augmenté de 6,7%. Cela représente 45 crimes de sang en Guadeloupe et dans les îles du Nord.
A cela il convient d’ajouter : 40 tentatives d’homicide contre 36 en 2014, les atteintes aux biens en hausse de 2,6 %, les braquages avec armes à feu en augmentation de 31%, ceux avec armes blanches progressent de 28,6%. Les vols liés à l’automobile progressent de 13%. Dans la première circonscription les chiffres sont alarmants en particulier dans la conurbation Abymes-Pointe-à-Pitre.
-violence aux personnes :
1ère circonscription : 23,23 pour 1000 habitants, Guadeloupe 13,71 France 7,54
-vols et dégradations : 1ère circonscription 52,79 pour 1000 habitants, Guadeloupe : 35,55 France 32,95
L’insécurité routière n’est pas en reste. La Guadeloupe c’est 57 automobilistes et 37 usagers vulnérables tués en 2016. Au 8 janvier 2017 on dénombrait déjà 13 victimes soit une hausse de 86% par rapport à l’année précédente.

LES LEVIERS POUR AGIR :

Il est pertinent d’avoir une gestion des problématiques de la sécurité et de l’insécurité en liaison étroite avec les mesures adéquates en matière de formation et d’éducation à l’adresse en particulier des jeunes. Il convient d’agir à plusieurs niveaux pour une gestion globale et non compartimentée
comme c’est trop souvent le cas.
Au niveau de la famille :
– Mettre en place des structures spécifiques en lien avec le bailleur social, le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), l’éducation nationale et la CAF pour assurer un accompagnement direct des familles vulnérables, un suivi et une aide ajustés à la réalité de leur situation. Pour la mise en oeuvre par exemple de mesures palliatives et de soutiens spécifiques aux enfants en difficulté de ces familles.
Au niveau de l’école :
– Refaire de l’école un lieu protégé, sanctuarisé, soustrait aux pressions de la société civile afin que l’enseignant retrouve sa place centrale et revalorisée dans la mission de transmission des savoirs élémentaires.
– Développer une instance de médiation scolaire permettant de diagnostiquer et traiter en amont toute situation anormale. Cette instance devra par ailleurs
soumettre des propositions à la communauté éducative s’agissant notamment de la détection des élèves en difficulté scolaire, sociale et familiale.
Au niveau de la justice, de la police et de l’univers carcéral :
Il est indispensable d’imposer des mesures d’éducation, de formation et de discipline strictes en prison afin de favoriser la réinsertion et la resocialisation des prisonniers à leur libération. Le ministère de la justice sera la cheville ouvrière de cette nouvelle politique carcérale en collaboration éventuellement avec d’autres ministères comme celui de l’éducation nationale par exemple.
– Rendre obligatoire le suivi d’une formation en prison en renforçant les moyens du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) des DOM. Plus généralement, il faut une véritable systématisation de la politique de formation en prison en veillant bien entendu à ce que ces formations puissent déboucher sur un emploi pérenne à la sortie de prison et même durant l’incarcération. L’exercice d’un emploi rémunéré durant la réclusion participe aussi à la réinsertion future. Si la prison doit garder sa vocation première, elle se doit cependant d’être d’avantage éducative et curative.
– Résoudre le problème de la récidive, telle est la vocation première de ces nouvelles pratiques carcérales. Il apparaît en effet que la prison en son état actuel,
loin de résoudre les problèmes de désocialisation ne contribue qu’à les aggraver. La récidive s’inscrit de ce fait dans un cercle vicieux dont le coût pour la société n’est plus à démontrer.
– Soutenir la création d’un EPIDE (Etablissement Public d’Insertion de la Défense) en Guadeloupe. Pour gérer la montée de la criminalité dans les quartiers sensibles, il convient de :
– Rétablir la police de proximité.

L’Etat devra jouer un rôle essentiel dans la résolution de la problématique de l’insécurité,
pour ce faire il devra :
– Renforcer le volet répressif au travers de ses juridictions. Les policiers et le citoyen ont le sentiment d’un certain laxisme notamment s’agissant des peines
prononcées à l’encontre des mineurs et des majeurs multirécidivistes. Les délais d’instruction des affaires se doivent par ailleurs d’être plus courts.
– La Guadeloupe est un foyer d’immigration illégale et un point de passage du trafic international de produits illicites. La Guadeloupe doit bénéficier de 50 gardes-frontières sur les 5000 que le président Macron veut proposer aux Etats membres.

ENGAGEMENT 4 :

agriculture, pêche, biodiversité,
les sargasses

L’agriculture est une priorité en matière de développement économique. Les monocultures de la canne et de la banane constituent les deux piliers de l’économie agricole locale. La banane (5000 ha) représente 17% de la production agricole finale ; la filière canne-sucre-rhum (14 000 ha) reste la deuxième activité agricole du département constituant 14% de la PAF (Production Agricole Finale).

Les superficies agricoles utilisées régressent et se stabilisent autour de 41 600 ha en 2000 contre 46 740 ha en 1989. Les terres agricoles en friche sont souvent rapidement gagnées par la spéculation immobilière et un phénomène de rurbanisation qui voit la ville et les grands centres commerciaux s’implanter sur des espaces autrefois dévolus à l’agriculture. Cette régression de la surface agricole utile (SAU) s’observe aussi à l’échelle nationale car c’est près de 400 000 hectares qui disparaissent ainsi chaque année. Par ailleurs 14 000 hectares cultivables ne sont pas utilisés en Guadeloupe actuellement. Il convient de les libérer.

Certains équipements structurants sont grands consommateurs de foncier agricole, de même que l’usage rendu indispensable des véhicules personnels par les insuffisances des transports collectifs. La conséquence est la sortie du foncier agricole de surfaces parfois des plus fertiles pour la construction du réseau routier.

L’exigüité de la SAU (Surface Agricole Utile) est aggravée par la problématique du chlordécone qui rend impropre à une activité agricole diversifiée une large part des meilleures terres surtout en Basse-Terre, surface de prédilection de la monoculture bananière où la molécule incriminée a été, dans un passé pas si lointain, massivement utilisée. Loin d’être un simple problème économique, il s’agit là d’un véritable problème de santé publique qui s’exprime à travers la fréquence sans équivalent de certains cancers dans notre département.

En dépit d’une timide diversification agricole observée (melon, cultures maraîchères et fruitières, retour confidentiel du café considéré jadis comme l’un des meilleurs au monde), l’agriculture locale reste bicéphale ; dominée en effet par les deux monocultures traditionnelles (canne et banane).

Le repli de l’agriculture vivrière, et le recul des surfaces consacrées à des espèces comme l’igname ouvre totalement le marché local à l’importation massive de ces produits à la traçabilité souvent incertaine. Le poids des intrants dans notre espace insulaire et l’inorganisation de la filière agricole hors monocultures impactent très négativement la rentabilité de l’activité agricole. Les insuffisances de la filière élevage par rapport aux besoins locaux, les difficultés rencontrées par la filière avicole pour couvrir les besoins en oeufs frais depuis l’interdiction des oeufs réfrigérés d’importation, permettent de nourrir un certain optimisme quant à un probable renouveau de l’agriculture locale.

Par ailleurs, la notoriété de certains de nos produits locaux n’est plus à prouver et est récompensée par de nombreux prix chaque année au concours général agricole. Il s’agit de faire en sorte qu’il y ait des retombées financières concrètes pour la filière agricole. La Guadeloupe en particulier et les territoires ultramarins en général constituent l’essentiel de la biodiversité végétale nationale mais avec des retombées financières confidentielles pour ces territoires. Les molécules issues de certaines plantes aux vertus reconnues sont souvent accaparées par des laboratoires internationaux avec dépôt
de brevets à la clé.

En Guadeloupe, la pêche est presqu’exclusivement artisanale et ne couvre qu’à peine 50 % des 14 000 à 16 000 tonnes de produits de la mer consommés chaque année. C’est une pêche essentiellement côtière et pélagique utilisant une flotte vieillissante dotée d’une propulsion simple à moteur que l’Europe refuse de financer dans le cadre de sa réglementation actuelle. L’indemnité compensatoire de 1€ par Kg pêché n’est versée que pour les quantités effectivement pêchées quand les pêcheurs peuvent sortir en mer.

Depuis 2011, les entreprises situées sur le littoral des différents territoires de la Guadeloupe et de la Martinique subissent le contrecoup de l’invasion successive de nos côtes par les sargasses. Selon une étude menée en 2015 par le département économie de la chambre de commerce et d’industrie des îles de Guadeloupe, les communes les plus touchées sont : les Saintes, Marie-Galante, Petit-Bourg (plage de Viard), la Désirade, Goyave (Sainte-claire), Petit-Canal (Anse Maurice), le Gosier (Salines), le Moule (plage des dauphins), Sainte-Anne (Caravelle), Saint-François (raisins clairs). Riches en hydrogène sulfurée, ces algues sont hautement corrosives et abîment les outils de travail, limitent les sorties en mer, défigurent les paysages et rendent les plages impraticables. L’impact financier de ce phénomène récurrent s’établit à 4,9 millions d’euros de chiffre d’affaires perdu par les entreprises implantées dans ces zones pour le premier semestre 2015.

LES LEVIERS POUR AGIR :

– Sanctuariser le foncier agricole en mettant en place des procédures mieux encadrées de déclassement.
– Parallèlement aux mesures précédentes, il convient de mettre en place une gestion optimale du foncier agricole. Celle-ci passe nécessairement par un vaste chantier visant à identifier puis libérer les terres cultivables. Conjointement, il convient de simplifier les procédures administratives afin
de faciliter l’installation des jeunes agriculteurs et assurer ainsi la pérennité du secteur singulièrement à Marie-Galante ou le PLU (Plan Local d’Urbanisme) doit être
modifié pour faciliter l’installation des jeunes sur le foncier de leurs parents.
– Favoriser les pratiques culturales respectueuses de l’environnement, en évaluant l’impact environnemental de l’utilisation de certains produits actuels dont le glyphosate, composant principal, est reconnu comme étant cancérigène. L’enjeu est d’empêcher la survenue d’une catastrophe sanitaire de l’ampleur de celle du chlordécone. Il est à noter que le plan chlordécone 3 (2014-2020) vise à répondre aux enjeux socio-économiques induits par la pollution liée à cette molécule et à accompagner les professionnels de la pêche et de l’agriculture dont l’activité est impactée par cette pollution. La pêche est le principal secteur d’intervention de ce troisième plan (plus de 20% des crédits pour 2014-2015). Il s’agit de renforcer cette politique indemnitaire.

– Agir pour une labellisation de certains de nos produits agricoles dont la qualité est reconnue au niveau national lors du concours général agricole. Le miel de Guadeloupe en est un exemple emblématique, le sucre de Marie-Galante et plus généralement les produits de terroir qui doivent être valorisés. Les labels AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et AOP sont des voies d’exploration souhaitables.
– Favoriser l’émergence d’une véritable filière d’agro transformation.
– Protéger notre biodiversité locale en développant une véritable filière recherche- développement en liaison avec les acteurs reconnus déjà existants.
– Sanctuariser la production agricole locale en promouvant la consommation de produits locaux dans le cadre de ce « régime caribéen » défendu par le docteu Henry Joseph.

Pour les marins-pêcheurs :

– Adapter les réglementations européennes à la réalité de la pêche en Guadeloupe et Martinique afin que les professionnels de la mer soient éligibles au financement de leurs moteurs.
– Continuer la structuration du comité régional des pêches et des différentes associations de pêche sur les principaux bassins (Nord Grande-Terre, Lauricisque, Désirade, Capesterre, Marie-Galante…) afin que les marins-pêcheurs puissent bénéficier d’un cofinancement Région- Europe.
– Faciliter le préfinancement de l’aide compensatoire aux surcoûts de 1 euro/kg. S’agissant des sargasses :
– Déclaration de l’état de catastrophe naturelle pour faciliter l’indemnisation et compenser le manque à gagner des entreprises situées dans les zones concernées

ENGAGEMENT 5 :

Coopération

La loi Letchimy du 5 décembre 2016 relative à l’action extérieure des collectivités territoriales et à la coopération des Outre-Mer dans leur environnement régional, confirme l’importance de l’inclusion de nos territoires dans leurs environnements respectifs. Cependant elle n’a pas contribué à gommer certaines insuffisances en matière de coopération économique notamment dans la Zone Caraïbe. L’AFD (Agence Française de développement) est l’opérateur-pivot de la coopération française. Alors que la réforme de 1998 avait établi une zone de solidarité prioritaire (ZSP) comprenant 61 pays du Proche Orient, d’Afrique, d’Asie du sud-est, des Caraïbes, de l’Amérique latine et du Pacifique, ce sont dorénavant les pays « amis » qui concentrent l’essentiel des flux de l’aide au développement. Entre 1995 et 2007, il y a une multilatéralisation de l’aide française d’abord et sa très forte « européanisation » (contribution française au fonds européen au développement), une augmentation des prêts par rapport aux dons, écartant de fait les pays pauvres non solvables au premier chef les PMA (Pays les Moins Avancés) et les ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique). Les écarts de développement entre nos territoires et l’Hexagone, justifieraient à eux seuls une intervention prioritaire de l’Agence Française de Développement en faveur de nos territoires. Une professionnalisation des acteurs de la coopération s’impose aussi.

LES LEVIERS POUR AGIR :

– Réorienter l’action de l’AFD en faveur des territoires les plus démunis dont nos espaces ultramarins en collaboration avec la banque publique d’investissement
(BPI). Pour ce faire, la DGTPE (Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique), ancienne direction du Trésor pourrait revendiquer le pilotage de l’aide française.
– Redéfinir une nouvelle ZSP ou plusieurs ZSP (Zones de solidarité prioritaires) à des échelles géographiques différentes avec comme unique critère le niveau de développement économique.
– Mettre en place une filière de formation à la coopération caribéenne pour favoriser l’institutionnalisation de filières de recrutement pérennes et l’émergence
d’une ligne directrice unique de la coopération française notamment dans la Caraïbe. L’expertise de la Guadeloupe dans certains domaines comme la géothermie peut offrir des débouchés dans notre environnement immédiat.
Compte tenu de notre situation géographique il convient de :
– Généraliser l’apprentissage de l’anglais et de l’espagnol en instituant des classes bi-langues obligatoires dès la 6ème et en facilitant les séjours linguistiques d’immersion dans des îles hispanophones et anglophones par le biais d’un « ERASMUS » caribéen.

ENGAGEMENT 6 :

Tourisme, développement touristique, transport maritime

Le tourisme, premier secteur d’activité de notre économie, compte tenu des atouts naturels considérables de l’archipel et de l’importance des effets transversaux bénéfiques à l’ensemble de l’économie, constitue un des principaux leviers de développement économique en Guadeloupe. Bien que confrontée à des difficultés structurelles de taille, l’industrie touristique guadeloupéenne peut répondre aux espoirs nés de son potentiel, si les conditions nécessaires à la restauration de la compétitivité de ses entreprises sont réunies. Un des freins majeurs est constitué par la structure des coûts. En effet, le rapport masse salariale- chiffre d’affaires en Guadeloupe ou en Martinique est supérieur à 46%, soit 1,9 fois supérieur à celui des destinations concurrentes de la zone Caraïbes dont le rapport masse salariale sur chiffre d’affaires est en moyenne de 24% et 1,5 fois supérieur à celui de l’Hexagone (31%).

DES LEVIERS POUR AGIR :

Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) peut constituer une réponse adéquate à cette nécessité de rétablir de meilleures conditions de compétitivité en réduisant le coût du travail. Toutefois, compte tenu de l’importance de nos handicaps structurels, il est capital d’adapter les seuils de cet outil, ce qui impliquerait :
– Un doublement du CICE hexagonal pour le droit commun,
– Un doublement de cette valeur dans les secteurs prioritaires. La clientèle hexagonale constitue une part substantielle de la clientèle européenne.
Après quelques saisons de desserte de nos territoires au départ de Roissy Charles de Gaulle, la compagnie nationale Air France s’est retirée sur cette ligne qui constituait pourtant une alternative viable à Orly pour la desserte des DROM. Cette desserte constitue par ailleurs l’ouverture la plus directe vers les grandes
capitales européennes. Les résultats ont été très positifs dès la première année d’exploitation :
– 95% de taux de remplissage, au départ de Pointe-à-Pitre entre décembre 2011 et septembre 2012.
– 45% d’augmentation sur l’année 2012 de passagers provenant d’Allemagne et de Suisse.
Il convient de rendre la destination attractive en tirant le meilleur parti des atouts naturels et culturels du territoire et en mettant l’accent sur la formation. Les DROM sont des relais de la culture française sur tous les océans du globe.
– Solliciter de l’Etat qu’il demande à Air France de travailler, dans le cadre d’un plan triennal, sur la mise en place d’une desserte pérenne, en provenance de Roissy Charles de Gaulle, en direction des aéroports de Pointe-à-Pitre et Fort de France.
– Faire disparaître, en négociant avec la France et les autres pays européens au fort pouvoir d’achat (Allemagne, Italie, Espagne…), les accords internationaux pour
libérer et ouvrir le ciel guadeloupéen pour une meilleure desserte aérienne et une ouverture de notre île sur les îles de la Caraïbe et les Etats de l’Amérique du Sud et du Nord sans passer par Paris Systématiquement.
– Développer, à l’échelle locale, des liaisons maritimes plus écologiques inter-îles et intercommunales.
– Accréditation du Lycée hôtelier pour dispenser des formations Bac+5 en lien avec l’Université des Antilles et en coopération avec l’université des West Indies dans le droit fil de ce qui existe à la Réunion où a été créée une école internationale d’hôtellerie début 2017.
La croisière dans les îles de Guadeloupe, après des années très difficiles, connaît depuis deux saisons un regain sensible d’activité. De 85 000 passagers en 2010- 2011, la destination a enregistré 260 000 en 2012-2013. L’embellie se confirme en 2013-2014 avec environ 350 000 passagers. Cette croissance de l’activité doit être pérennisée et accompagnée par des moyens innovants lui permettant de devenir plus compétitive vis-à-vis de ses concurrents de la Caraïbe.
– Dans les Outre-mer, mettre en place des zones de détaxe, 7 jours sur 7, permettant la vente de produits locaux et de marque.

Toutes les destinations de la Caraïbe sont entièrement en duty free ou disposent de larges zones bénéficiant de cette réglementation. Ceci leur permet d’offrir à la clientèle des paquebots de croisière des produits à des coûts extrêmement compétitifs.
Les destinations phares comme St-Maarten, Cozumel, Les Iles vierges américaines, Antigua, Les Bahamas sont toutes en duty free et reçoivent chaque année entre 600 000 et 1,8 millions de passagers. Il est souhaitable de disposer en Guadeloupe, à minima, d’une rue de Pointe-à-Pitre entièrement duty free, avec des incitations fiscales pour l’installation de boutiques haut de gamme, de restaurants, de bars. L’impact serait double :
– Un taux de satisfaction de l’escale pour la clientèle en hausse.
– Une hausse du chiffre d’affaires généré par la croisière dans l’économie locale.

Nous bénéficions en Guadeloupe de plusieurs dispositifs d’aide à l’investissement, de compétences nationale ou européenne. Du fait de la complexité et la lourdeur
de réalisation des dossiers permettant de bénéficier de ces aides, de nombreuses TPE et PME ne peuvent y avoir accès. C’est le cas, en particulier, des dossiers d’aides à la création ou à la rénovation d’hébergement hôtelier mais aussi le cas de divers dossiers permettant la création d’activité, à l’instar de ce projet innovant d’hébergement flottant, totalement écologique, sans consommation d’énergie fossile, présenté par un jeune guadeloupéen  qui, après avoir réussi un BTS de Comptabilité, est revenu en Guadeloupe pour y créer et développer ce projet. Le dossier a tout de suite convaincu la Région et les services de l’Etat. Il a été attributaire de la subvention FEDER, limitée aux équipements sans pouvoir prendre en compte la plateforme flottante, qui n’entre pas dans le cadre.
Il est urgent d’harmoniser et de simplifier les dispositifs d’aides !

ENGAGEMENT 7

Santé, environnement, eau, déchets

Il faut aborder la problématique de la santé en Guadeloupe en ayant une vision prospective de l’évolution de la population pour mettre en oeuvre les politiques
publiques adéquates.

– D’ici 2040, on assistera à deux phénomènes : une stagnation et un vieillissement de la population. La Guadeloupe comptera alors environ 404 000 habitants soit la population actuelle et sera alors la 3ème région la plus vieillissante de France. En effet, les séniors représenteraient 4 habitants sur 10 et fait notable, les décès seront plus nombreux que les naissances d’où un solde naturel négatif qui peut laisser augurer d’une diminution de la population après 2040. Ce repli de la natalité est déjà enclenché avec un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme qui assure juste le remplacement des générations. Il est aggravé par le départ des jeunes actifs (fuite des cerveaux) et le retour des retraités.

Actuellement le taux d’équipement en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes) est très faible : 17 pour 1000 personnes de 75 ans et plus, contre 93 au niveau national.

-Il existe de véritables déserts médicaux en Guadeloupe. L’offre de soins y est faible avec une densité de médecins généralistes de moins de 100 contre 163 pour 100 000 habitants au niveau national. Le raisonnement est analogue pour d’autres professions comme les dentistes. Le pacte Territoire Santé en 2012 mise en oeuvre par l’ARS, a permis d’améliorer la couverture du territoire avec 12 mesures incitatives. Néanmoins la Guadeloupe est face à un problème qui semble perdurer, à savoir le manque de candidats à l’installation.

-L’autre grand enjeu sanitaire de la Guadeloupe est constitué par la problématique du chlordécone. En effet la Guadeloupe a été polluée par ce pesticide employé de 1973 à 1993 pour lutter contre le charançon des bananeraies alors qu’il avait déjà été interdit dès le début des années 70 en raison de sa nocivité scientifiquement prouvée. La contamination de la population s’est faite essentiellement par la chaîne alimentaire Et par le biais certainement des eaux contaminées.

Trois plans chlordécone ont été menés ou sont en cours avec des résultats plus que mitigés :
-Plan 1 : 2008-2010 ; plan 2 :2011-2013 ; plan 3 :2014-2020
Après les études réalisées en 2003 et en 2007, la dernière étude-enquête en date est celle de 2013 nommée « KANNARI ». L’objectif était d’évaluer l’exposition au chlordécone par la voie alimentaire des populations, décrire les comportements alimentaires, les évolutions de l’état de santé et les niveaux d’imprégnation par le chlordécone. Elle est menée conjointement auprès des populations de la Guadeloupe et de la Martinique. Chez nous elle concernera 2300 participants dont 1800 foyers tirés au sort. L’eau, est un enjeu majeur eu égard au coût estimé de la nécessaire réfection des réseaux qui sont vétustes, à la perte de l’eau traitée mais non consommée, et aux coupures trop fréquentes.

LES LEVIERS POUR AGIR :

-Une proposition de loi en faveur de la mise en place d’un plan (à l’image du plan dépendance) en faveur des territoires les plus touchés par le vieillissement
de la population. Pour ce faire, il devra proposer la mise en place d’un groupe AD HOC en lien avec l’ARS et le Conseil Départemental. Les objectifs étant d’identifier des enjeux du vieillissement et ses conséquences pour notre département.
-Afin de rattraper le retard en matière d’offre d’hébergement par rapport à l’Hexagone il faut avoir un trentaine d’EHPAD, soit environ 2000 places (contre 15 ouverts aujourd’hui, 718 places) en poursuivant l’accompagnement des promoteurs avec le Conseil Départemental. En complément à cet accompagnement du vieillissement de la population, il convient de mener une politique de lutte contre le chômage des jeunes et son corollaire la fuite des cerveaux qui constitue un frein majeur à toute politique de développement pérenne.
– En réponse à la « désertification médicale » et à la saturation des urgences, il peut être développé sur notre territoire un dispositif de télémédecine avec des « maisons-relais » sur le modèle des dispensaires actuels (diagnostic et interprétation à distance). Plus largement, c’est une véritable politique de santé mobile qui doit être mise en oeuvre reposant sur les données de santé des individus qui peuvent être envoyées en temps réel aux médecins qui peuvent communiquer par SMS avec les patients pour d’éventuels conseils.
– S’agissant du CHLORDECONE, il convient de s’inscrire dans le droit fil des actions déjà éventuellement entamées. Il faut cependant proposer des mesures conjointes visant à identifier d’autres éventuels pesticides hautement toxiques afin d’agir pour leur interdiction. Entamer une démarche d’identification et de cartographie précises des terres et espaces maritimes contaminés, initier et accompagner les mesures et projets qui visent à mettre en oeuvre une politique de décontamination des sols et fonds marins ainsi identifiés.
Déclarer une situation de CATASTROPHE SANITAIRE (concept nouveau s’agissant d’une catastrophe d’une telle ampleur dont l’origine n’est pas naturelle) qui permettra d’identifier les responsabilités, de déclencher les procédures d’indemnisation éventuelles, de mettre en oeuvre des TESTS A GRANDE ECHELLE pour anticiperet mieux traiter les conséquences quant à la santé des populations de l’imprégnation de la chaîne alimentaire par la molécule du chlordécone. La très forte prévalence de certains cancers comme celui de la prostate serait liée à la présence des résidus organochlorés dans notre organisme. La recherche, les politiques de santé publique doivent être tournées vers un but commun : prévenir voire empêcher la survenue de ces cancers perçus comme une fatalité par certains. L’économie ainsi effectuée par l’Etat dans le traitement actuel de ces cancers, sera conséquente.
-Création d’une structure unique de l’eau en Guadeloupe à l’instar du Symeg qui gère l’électricité, harmonisation de la politique tarifaire pour un service de qualité sur l’ensemble du territoire et agir pour une urgente réfection des réseaux. Le candidat Macron a été sensibilisé face à l’acuité de la question et à l’importance des crédits nécessaires à la résolution du problème de l’eau en Guadeloupe. Celle-ci passe par une parfaite cohésion entre les communautés d’agglomération et la Région ainsi que le prévoit la loi NOTRé (Nouvelle Organisation territoriale de la République).
-Les mêmes acteurs doivent oeuvrer à une gestion raisonnée des déchets.

ENGAGEMENT 8 :

UN GROUPE DE 27 PARLEMENTAIRES
ULTRAMARINS À l’ASSEMBLEE NATIONALE !

Après les élections législatives des 10 et 17 juin 2017, les Outre-mer pourront à nouveau compter sur 27 députés ultramarins qui siégeront au sein de l’Assemblée Nationale. A ces potentiels futurs élus, je veux dès à présent, faire la proposition de constituer un groupe parlementaire ultramarin.

En effet, depuis 2008, l’article 51-1 de la Constitution reconnaît les groupes parlementaires et consacre leurs droits tels qu’énumérés par le règlement de l’Assemblée Nationale. Ces groupes politiques constituent l’expression organisée permettant aux députés de se regrouper en fonction de leurs affinités.

A ce stade, en dépit de nos inévitables divergences sur certains sujets, de nos diverses sensibilités politiques, nous avons en commun le désir de répondre aux exigences spécifiques de nos territoires au sein de la représentation nationale.

La constitution d’un tel groupe serait pour nos compatriotes ultramarins, l’occasion de bénéficier d’une place de droit au sein de la conférence des Présidents de l’Assemblée Nationale. Ce qui, en plus d’être inédit, nous permettrait d’influer sur l’ordre du jour de la discussion des textes.

Plus encore, nous pourrions éviter une représentation aléatoire dans les différentes Commissions et rendre notre action au service de nos concitoyens
plus efficace. Nous bénéficierons à la fois d’un temps de parole plus conséquent lors des séances de questions d’actualité mais aussi d’une expression audible
sur chacun des textes. Enfin, au-delà de tous ces avantages, nous pourrions bénéficier, au prix d’une solidarité réelle entre nous, d’un poids politique conséquent qui nous permettrait de faire ou de défaire des majorités au service de la Nation et dans le meilleur intérêt de nos territoires.

Je crois, comme le veut la maxime, que seul on peut chacun individuellement aller plus vite, mais qu’ensemble nous irons nécessairement plus loin.

Olivier SERVA
Candidat dans la 1ère Circonscription de la Guadeloupe.